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5 mai 2014 1 05 /05 /mai /2014 13:41

Lundi 5 mai 2014

 

Nous sommes tous un peu nomades même ceux qui ont l'impression de rester toute leur vie sur le

même territoire, dans leur jardin ou leur quartier sans avoir pris l'avion pour aller voir de l'autre côté de

la Terre comment vivent les autres gens.

 

Nous avons actuellement par le biais de tous les moyens de communication mis à notre disposition

actuellement, écran de télévision, internet, téléphone mobile, smarphone, Ipad, de faire trois fois le tour de

la Terre tout en restant tranquillement assis chez soi sans bouger, uniquement en visionnant des images

et en regardant les actualités ou des reportages tout en sirotant un verre.

 

Personnellement, je n'ai pas de télévision mais je surfe sur internet et préfère voyager physiquement pour

aller voir ce qui se passe ailleurs, de l'autre côté de la frontière, en touriste bien sûr lorsque j'ai un peu de

vacances.

 

Je viens de terminer la lecture d'un petit livre écrit par Gazmend Kapllani, Albanais, publié en langue

française aux Editions Intervalles en 2012.

 

Il a écrit son livre en langue grecque et a été publié pour la première fois en 2006 à Athènes.

 

Il raconte l'enfer qu'il a vécu en voulant passer la frontière de l'Albanie pour arriver en tant que clandestin

en Grèce, pays d'accueil où il a bien vite déchanté et a été rejeté en tant qu'Albanais et traité comme

un chien avec des centaines d'autres compatriotes. Il a crevé de faim, ne savait pas où dormir,.

 

Se laver ou être propre pour lui était de l'ordre du luxe, l'humain en lui a tenu le coup mais comme

ce fut dur de garder sa dignité au milieu d'un enfer pareil.

 

Pas de travail, l'errement d'un endroit à un autre et pour toute chaleur humaine, les coups des policiers

ou des bagarres pour trouver un coin où dormir.

 

Son destin a basculé, après des mois de survie et d'enfermement  dans un baraquement lorsqu'un

cinéaste grec s'est rendu sur les lieux pour réaliser un reportage sur l'afflux dramatique d'Albanais en

Grèce.Un de ses compatriotes est venu le chercher car il parlait  l'anglais. Il a témoigné pour tous ses

frères de misère, la faim, le froid, le manque d'hygiène, les coups et le cinéaste lui a demandé s'il voulait

venir aveclui à Athènes pour chercher du travail.

 

Mais les policiers ne voulaient pas le lâcher et le cinéaste l'a presque sorti de force du campement et

dans la cohue l'a fait monter dans sa voiture et ils ont roulé sans s'arrêter, il a vécu ce moment comme

dans un rêve c'était le 22 janvier 1991 et c'est ainsi que commença sa vie en Grèce...

 

J'aimerais partager le dernier paragraphe du livre qui en dit long sur ces frontières qui nous tuent :

 

"Le hasard fait que je suis à Berlin au moment où j'écris ces lignes.

"Des années ont passé depuis l'histoire que je raconte. Je me trouve dans Bernauer Strasse, face à ce qui

reste du Mur. A côté de moi, des touristes le contemplent comme une curiosité à visiter et un témoignage

historique. Et moi, j'ai l'impression d'y voir un fragment du squelette de ce monstre qui, autrefois, nous

a gardés prisonniers dans ses entrailles, en nous interdisant tout contact avec le monde au-delà des

frontières.

Le fantôme de ce monstre ne me quittera pas, il vivra toujours en moi, où que j'aille, chaque fois que je

partirai en voyage, chaque fois que je passerai une frontière. A quelques mètres de ce squelette, une

publicité pour un téléphone portable invite les passants à déguster chaque instant de cette courte vie

dans un monde où les distances se réduisent de jour en jour, où il n'y a plus de frontières ni de murs.

Instinctivement, je palpe mon passeport dans la poche de mon veston. Les frontières infranchissables

et les murs meurtriers de la guerre froide n'existent plus.

Aujourd'hui, c'est au fond de nos poches que subsistent murs et frontières. Ce sont les passeports que

nous transportons. Je m'en rends compte chaque fois que j'arrive à un poste de contrôle. Parce que là,

les gens sont répartis en deux files : ceux qui présentent un "bon" passeport et les autres, ceux qui

tendent un "mauvais" passeport. Lorsque tu possèdes un "bon" passeport, tu passes la frontière sans

angoisse. Ce n'est qu'un trait invisible, un jeu de l'imagination, une ligne géographique transparente,

comme la lumière sur la Méditerranée.

Quand tu es détenteur d'un "mauvais" passeport, tu ne peux échapper au syndrome de la frontière.

Chaque passage constitue un évènement mémorable, un chapitre à écrire dans le livre de ta vie.

Et plus les frontières se dressent devant toi, plus tu t'obstines à les franchir..."

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  • Me voici à la retraite et ravie de tout ce temps qui m'est donné pour profiter de la vie et des gens. J'aime la nature, voyager, découvrir  et partager.
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